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Qu’est-ce que la «radicalisation»?

La radicalisation et l’extrémisme violent dans le cadre de l’exécution des sanctions pénales : adoption du document-cadre et des recommandations

Lors de sa séance plénière du 12 avril 2018, la Conférence des directrices et directeurs des départements cantonaux de justice et de police (CCDJP) a accepté le document-cadre ainsi que les recommandations concernant la radicalisation et l’extrémisme violent dans le cadre de l’exécution des sanctions pénales en Suisse.


Ces recommandations ont été élaborées par un échange professionnel mené par le Centre suisse de compétences en matière d’exécution des sanctions pénales (CSCSP), qui a débuté en mars 2017, et qui a rassemblé des praticiens et des experts du domaine de l’exécution des sanctions pénales et de la poursuite pénale. Les recommandations tiennent compte de l’état actuel de l’exécution des sanctions pénales concernant la gestion de la radicalisation et l’extrémisme violent ainsi que des meilleures pratiques dans le domaine. En outre, elles sont étroitement liées aux mesures proposées par le plan d’action national (PAN) de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent.

Plan d’action national

En Suisse, la plateforme politique du Réseau national de sécurité (RNS) a mandaté son délégué d’élaborer un plan d’action national de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent, en collaboration avec la Confédération, les cantons, les villes et les communes. Afin que le domaine de l’exécution des peines et des mesures puisse participer de façon constructive à ce plan d’action, le CSCSP a collaboré avec le RNS pendant l’année 2017. Dans cet échange, qui s’est déroulé sous l’égide de la CCDJP et qui impliquait des personnes-clés du domaine de l’exécution des sanctions pénales, des aspects spécifiques de la thématique ont été traités. Le 4 décembre 2017, le PAN a été publié. Il contient 26 mesures de prévention dans divers secteurs, allant de l’éducation jusqu’à la réintégration de personnes ayant commis des infractions pénales, et tient compte des projets en cours, y compris au niveau législatif, qui visent à renforcer la prévention et la répression des activités terroristes.


Qu' est-ce que la «radicalisation»

Suite à la montée des attaques et attentats terroristes commis par des individus d’origine intérieure (« homegrown »), le terme « radicalisation » s’est proliféré. Mais que signifie-t-il au juste ? Selon les auteurs du plan d’action national, le terme radicalisation désigne le processus par lequel « [...] une personne adopte des positions toujours plus extrêmes sur les plans politiques, sociaux ou religieux pouvant aller jusqu’au recours à la violence extrême pour atteindre ses buts. Selon le Guide du Conseil de l’Europe, un individu radicalisé commet, ou du moins encourage et soutient, des « [...] actes qui peuvent amener au terrorisme et qui visent à défendre une idéologie promouvant une suprématie d’ordre racial, ethnique ou religieux ».


Bien que l’extrémisme et la radicalisation à caractère islamiste reçoivent une attention particulière, il ne devrait pas être négligé que ces phénomènes se retrouvent dans d’autres cercles, tels que des groupes d’extrême gauche ou d’extrême droite.

La radicalisation dans le domaine de l’exécution des sanctions pénales

Si le processus de radicalisation nous intéresse dans le domaine de l’exécution des sanctions pénales, c’est que les établissements pénitentiaires ont la réputation d’être des lieux particulièrement favorables à la radicalisation d’individus. Cependant, un rapport récent de l’ONU sur la question met l’accent sur le manque d’études empiriques allant dans le sens de cette assertion. De fait, la tendance à la radicalisation en prison semble avoir été largement exagérée et demeure l’exception plutôt que la règle. Cependant, le rapport ne nie pas que la prison constitue un terrain propice à la radicalisation. Comme la vie en détention est marquée par plusieurs privations, les individus en détresse psychologique sont particulièrement vulnérables à la radicalisation.


Le personnel pénitentiaire doit être formé de sorte à détecter suffisamment tôt les signes de radicalisation chez un individu tout en sachant que ceux-ci peuvent varier d’une personne à l’autre. Avec les individus déjà radicalisés s’adonnant à des opérations de recrutement, le personnel pénitentiaire doit être prêt à prendre des mesures disciplinaires drastiques pour les empêcher de répandre leurs croyances idéologiques ou prendre directement part à des actes violents. La prévention est cependant plus importante et il convient d’identifier les individus en voie de radicalisation susceptibles de commettre des actes violents et de leur apporter le soutien nécessaire afin de les empêcher de poursuivre dans cette voie. Afin de garantir ce soutien, une collaboration structurée et efficace entre les acteurs-clés est indispensable (voir l’interview avec Annie Devos). Les recommandations du 12 avril 2018 prévoient, entre autres, une meilleure collaboration entre les acteurs de tous les domaines concernés ainsi que la création de formations de sensibilisation pour le personnel pénitentiaire et les représentants religieux.

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